Le profil Google Discover a bien grandi
9 mois plus tard, on revient sur le bouton Follow, les pages profil et tout ce qui a changé depuis.
En août 2025, on vous racontait notre découverte de l’été. Des pages profil sur profile.google.com, un bouton Follow, des liens sociaux, les derniers articles. On avait titré ça “Les experts à la plage” parce que, franchement, c’est là qu’on était quand on a trouvé le truc.
On avait terminé en disant : “Sous le capot, il y a plus à dire.”
On avait raison. Neuf mois plus tard, le profil Discover n’est plus un prototype discret. C’est devenu une vraie surface éditoriale. Et on a les données pour le montrer.
Ce qui s’est passé depuis août 2025
Une chronologie rapide, parce que ça a bougé vite.
Septembre 2025 : Google teste un bouton “Subscribe” en plus du Follow. On le repère dans des variantes d’interface sur quelques appareils. En parallèle, on confirme ce qu’on soupçonnait : le Follow a un impact réel sur le flux Discover. Les éditeurs suivis remontent plus souvent. Ce n’est plus cosmétique.
Novembre 2025 : Google publie une documentation officielle sur les profils éditeurs. Première reconnaissance publique de la feature. On n’est plus dans le reverse-engineering pur, il y a maintenant un cadre.
Mars 2026 : les choses s’accélèrent. Des bannières apparaissent sur certains profils. Des publications épinglées (”Pinned”, initialement appelé “Featured Posts”). Des liens configurables. Et un détail qui en dit long : les éditeurs éligibles peuvent désormais choisir l’ordre d’affichage de leurs réseaux sociaux et de leurs onglets. Avant, c’était trié par nombre de followers, site web en dernier. Maintenant, c’est eux qui décident. Ce n’est plus la fiche auto-générée qu’on vous montrait l’été dernier. Certains éditeurs ont un vrai mini-site dans Discover.
C’est aussi le moment où on lance notre Profile Features Monitor. On scanne 47 000 éditeurs à travers 7 langues (en, fr, de, es, it, nl, pt) pour traquer qui a accès à quoi. Régulièrement. Automatiquement.
Avril 2026 : un détail qui dit beaucoup. Le label “Profile generated by Google”, qui apparaissait sur tous les profils, disparaît sur certains d’entre eux. Ces profils-là ont été “réclamés” par l’éditeur. Google distingue désormais deux tiers : le profil auto-généré, et le profil dont l’éditeur a pris le contrôle.
Les 54 élus
Parmi nos 47 000 éditeurs monitorés, 54 ont accès aux fonctionnalités enrichies. Bannière, liens, publications en vedette. Tous aux États-Unis. Tous anglophones. Aucune exception.
On n’a aucune visibilité sur les critères de sélection de Google, mais la composition du groupe est parlante :
15 nationaux (Fox News, WSJ, NY Post, Newsweek, Barron’s...)
14 TV locales (KTLA, PIX11, MyFox8, WSMV...)
13 journaux régionaux (Boston Globe, SFGate, les 5 quotidiens Hearst du Connecticut...)
6 marques lifestyle (Delish, The Dodo, Country Living...)
6 spécialistes (Pew Research, Gothamist, The Athletic...)
Google pilote un programme orienté presse locale et communautaire. Et les résultats sont fascinants.
Ce qu’on a trouvé
Les bannières sont pro. Sans exception. 41 des 54 éditeurs ont uploadé une bannière. Zéro template, zéro logo étiré, zéro clip-art. Chaque image est designée. Le WSJ a tapissé la sienne de son wordmark en sérigraphie. KTLA a mis le coucher de soleil sur Santa Monica avec son “5” en transparence. Et le NY Post ? Une grille de 12 Unes iconiques en noir et blanc. “SACKED!”, “HAMBURGLAR”, “BOMBERS ARE BACK!”. Du pur héritage tabloïd en bannière.
Les TV locales sont les power users. Elles ont configuré 31 des 65 liens recensés dans la cohorte (moyenne de 2.2 liens par station). Les nationaux ? 0.6 en moyenne. Fox News, WSJ, Barron’s ont pris la bannière et n’ont touché à rien d’autre. Les petites stations, elles, ont monté un mini-site : “Watch Live”, “Weather”, “Local News”, “Meet the Team”. Même playbook, station après station.
Quasi-personne ne mesure les clics. Sur 65 liens configurés, 3 utilisent des paramètres UTM. Trois. Et encore : l’Inquirer a recyclé un tag de campagne Instagram (”mktg_acq_ig_organic_bio_offer”) pour son lien Discover. Les clics vont atterrir dans le mauvais bucket analytics. Seul Gothamist a un tag dédié : utm_campaign=discover-profile. Les 62 autres liens ? Aucun tracking. C’est une surface de trafic que personne ne mesure.
Hearst Connecticut : le cas d’école corporate. 5 quotidiens (CT Insider, CT Post, New Haven Register, News-Times, The Hour), configuration identique, même tunnel d’abonnement (subscription.hearstmediact.com), mêmes 2 liens par journal. Une seule équipe digitale a tout configuré. Mais (et c’est le détail qui compte) chaque journal a sa propre bannière. L’infrastructure est centralisée, l’identité visuelle reste locale.
Le texte “About” change de mains. Sur un profil normal, Google génère la description (souvent depuis Wikipedia). Sur les profils réclamés, 38 des 54 éditeurs ont écrit leur propre texte. Et le ton dépend du tier : les TV locales font du promo (”Your trusted source for breaking news...”), les nationaux restent factuels, Delish est le seul à jouer la carte mission (”you don’t have to know how to cook, you just have to love to eat!”). Le jour où vous récupérez la main sur votre profil, pensez-y : c’est votre pitch, visible sur une page Google.
Le score d’adoption dit tout. On a construit un score composite sur 6 points (bannière, liens activés, Featured Posts activés, au moins un lien configuré, 4+ réseaux sociaux, UTM). Résultat : personne n’a 6/6. 41% des éditeurs sont à 2/6. Les marques lifestyle sont les plus actives (moyenne 3.83), les TV locales suivent (3.57), et les nationaux traînent (2.93).
La feature est là. Personne ne l’a encore pleinement exploitée.
Ce que ça veut dire pour vous
Soyons directs. Aujourd’hui, ces fonctionnalités sont réservées aux États-Unis. Notre monitoring des profiles couvre 7 langues (dont le français, l’allemand, l’espagnol, l’italien, le néerlandais) : zéro déploiement en dehors de l’anglais US. Pas un seul éditeur européen avec une bannière ou des liens configurables.
Mais les profils existent déjà pour tout le monde. L’infrastructure est en place. Le jour où Google élargira le programme (et vu l’investissement, c’est une question de “quand”, pas de “si”), mieux vaut être prêt.
Quelques choses à faire dès maintenant :
Préparez votre bannière. Format carré, 512px minimum, design professionnel. Google a mis la barre haut avec ce premier groupe.
Vérifiez vos JSON-LD
sameAs. C’est en partie ce que Google utilise pour peupler les liens sociaux sur votre profil. Si vos réseaux ne sont pas déclarés dans votre structured data, ils n’apparaîtront pas.Pensez UTM dès le premier jour. La leçon de la cohorte : 95% des éditeurs ne mesurent pas cette surface. Vous pouvez faire mieux.
L’article complet avec l’analyse détaillée de la cohorte, des visuels, les archétypes de bannières et les patterns par tier est disponible sur 1492.vision.
Vous trouverez également des comtpe-rendus de cette analyse sur Abondance ou encore en anglais sur SearchEnginLand
On continue
On surveille les 47 000 profils. Les snapshots s’accumulent. Le programme va s’élargir, les patterns vont évoluer, et on sera là pour documenter tout ça.
Nos données ne sont pas parfaites (on monitore ce que nos systèmes captent, pas l’intégralité du programme Google), mais elles sont à ce jour les seules à exister sur le sujet. Et on les partage parce que c’est comme ça qu’on explore : ensemble, au grand jour.
On continue à naviguer. Vous venez ?
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